Mais toi, ô Éternel, tu es mon bouclier, tu es ma gloire, et tu relèves ma tête.

                                                                                                                        Psaume 3: 4               

                                                                                                                           


                    


David eut à résoudre une très grosse difficulté quand son fils Absalon souleva une partie du peuple contre lui: il s'enfuit avec très peu d'espoir de sauver son trône.  Certains ne donnaient pas cher de sa vie.  En revivant par la pensée cette période douloureuse, le roi souligne d'abord combien ses chances de s'en sortir paraissaient minces, tant le coup d'Etat de son fils avait été bien préparé: «Quelle multitude se lève contre moi» (v. 2).  Le souverain fugitif se rend compte que Dieu le protège, et l'image du bouclier s'impose à lui: « Tu es mon bouclier ...»  Sur les champs de bataille, David avait souvent dû la vie à son bouclier.  Les flèches ennemies venaient se planter dans le cuir de cette arme défensive au lieu de se planter dans son corps.  Comparer Dieu à un bouclier, c'est donc en quelque sorte affirmer que c'est Dieu qui prend les coups. Certes, dans les circonstances ordinaires de la vie, ce n'est pas tout à fait exact: Dieu n'est pas atteint par le mal. Cependant, c'est vrai sur deux plans.

Dans un certain sens, Dieu fait cause commune avec nous. Les coups qui sont dirigés contre nous ne le laissent pas indifférent.  Il prend en main notre cause comme si c'était la sienne, parce que nos souffrances le font souffrir; il met sa puissance à notre service.

Sur un autre plan, Dieu a subi pleinement toutes les conséquences du mal sur cette terre: il est venu «prendre les coups» à notre place sur la colline sinistre de Golgotha, le lieu du Crâne.  Là c'est lui qui, en Jésus-Christ, a subi la peine de notre péché.

Le coupable a la tête basse, et David le savait bien, lui dont la culpabilité avait éclaté aux yeux de toute la nation israélite. C'est son sentiment de culpabilité qui l'avait rendu faible envers certains de ses fils, qui avaient besoin d'être remis au pas: comment se montrer sévère quand on est soi-même le plus grand pécheur?  Mais ce n'est pas le plan de Dieu que nous restions éternellement honteux.  Il enlève notre confusion et relève notre tête.  C'est une vérité constante que le chrétien peut relever la tête.  Son péché a été non seulement pardonné, mais «jeté au fond de la mer» pour qu'on ne s'en souvienne plus.  On peut être fier d'un Dieu qui a accompli une œuvre aussi belle.  C'est ce que suggère l'expression «Tu es ma gloire»


Extrait du livre '' Prier avec les psaumes '' - Francis Augsburger